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La nuit juste avant les forêts Bernard Marie Koltès

création 2001

Nous voudrions être ceux qui portent les mots de Bernard-Marie Koltès au jour d'une honte qui dérange. Nous voudrions que les spectateurs assis, passifs et tranquilles sortent dehors et regardent, à leur tour leurs presque semblables : ces hommes perdus, tombés en désespoir, les créatures sans défense de la forêt urbaine ou de la jungle des villes comme on voudra, tombées dans la solitude des bêtes, pour qu'ils les regardent comme des hommes .Un hommes seul sur scène à la recherche d'un autre qu'il ne voit pas dans la pénombre et qu'il apostrophe dans un long monologue, comme s'il voulait en s'accrochant à cet autre se retenir de disparaître lui-même. S'il est étranger ou non, là n'est pas la question. Il est seul et cette solitude est sa première différence. Il nous parle de tout ces gens qui sont de nulle part. Qu'il soit blanc, noir ou jaune cela n'a pas d'importance, le fait est que tout individu n'entrant pas dans un groupe, un clan, une famille est un étranger parcequ'il est seul.

Cette pièce est avant tout un énorme travail d'acteur où la direction du jeu est primordiale si on veut laisser respirer naturellement la langue de Koltès. Ce n'est pas à la rencontre d'un personnage que va le comédien mais à la rencontre d'une multitude d'autres lui-même. Nous essaierons tout en respectant scrupuleusement l'oeuvre, de restituer l'extraordinaire richesse de ces multiples facettes du personnage qui se révèlent tout au long de ce monologue. L'espace infini et désolé sera celui d'un entrepôt désaffecté avec son quai de déchargement en guise de scène et ses plans inclinés d'où le comédien pourra s'élancer pour conquérir l'espace immense et vide. Le sol de la scène, traversé par des chemins (façon chantier pour créer l'impression d'un espace instable, en devenir, à l'image de ces interzones urbaines où se croisent les hommes perdus à la tombée de la nuit).
Marie Pierre Homn

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Note d'intention

Note d'intention"La Nuit Juste Avant Les Forêts"

Ici, dans cette ville comme dans cent autres villes de province que Bernard-Marie Koltès connaissait bien lui qui vécut longtemps à Metz, les nouveaux arrivants se sentent étrangers, dévisagés, déplacés, inconnus, malvenus. Leur façon de regarder signe cette étrangeté : cette façon de quêter de l'amitié dans le regard d'autrui. Ici, cela ne se fait pas. Les gens ne parlent pas aux inconnus. Alors les nouveaux arrivants cessent de lancer leur bonjour en l'air pour rien et finissent pas se taire et par prendre cet air lointain qu'ont les gens quand ils sont là depuis longtemps. Et si leur peau ou leur langue sont vraiment différentes, alors les étrangers se retrouvent parqués dans les cités, à l'écart du centre. Et ils y apprennent la solitude. Celle qui guette et hante ceux qui ne sont pas tout à fait pareil. C'est cela "La Nuit Juste Avant les Forêts", la plus profonde solitude n'est pas dans les campagnes où les bois déserts mais bien dans ces villes où tant d'hommes se croisent sans se voir. Est étranger celui qui n'en peut plus de se taire, qui n'en peut plus d'accepter que les regards des autres le traversent comme s'il était du verre.

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